Une journée dans la peau d'une angoissée
Étrangement, la journée qui m'attendait me semblait sortir de l'ordinaire. J'avais hâte d'y être, je m'étais même couchée un peu plus tôt avec l'envie d'arriver plus rapidement au lendemain. Vous savez, c'est ce qu'on dit aux enfants la veille du départ à Disneyland : « Plus tôt tu sera couché, plus vite on sera arrivés. » J'y crois encore très fort, assez pour imaginer ma vieille veilleuse d'antan à la place de la petite lueur passant sous ma porte de chambre.
Il est neuf heure, mon réveil sonne. Je serais bien retournée au creux des bras de Morphée, mes douze heures de sommeil me manquent déjà. Je m'étire doucement, baille bruyamment, et vaque au rituel de la génération Y : allumer mon téléphone. Un petit coucou à mon amoureuse qui est déjà arrivée en cours, un grand tour sur Youtube et hop, je me retrouve les deux pieds contre le parquet.
Déjà une heure de passée, je suis en retard. Je descends précipitamment les escaliers en faisant quelques vocalises pour ne pas être prise pour Johnny, j'attrape le téléphone fixe (voyez comme ma matinée est déjà remplie de technologie) et je compose le numéro du médecin. Quelques frissons passent de mes orteils jusqu'au bout de mes doigts, mes mains deviennent moites, et l'envie de raccrocher me vient déjà. Je ne lâche rien ! Parler à une secrétaire, c'est quand même pas le Perou, surtout si je veux venir à bout de cette rhino-pharyngite.
Ouf, ça, c'est fait ! Je cours dans la salle de bain, tentant au mieux de rattraper mon retard. Je n'oublie pas ma fixette sur mes résolutions et ma perte de poids, alors rapidement, je chope le pèse-personne et je grimpe. Frissons des orteils aux doigts, mains moites, premiers tremblements... Mon regard est fixé dans le miroir. Je préfère encore devoir me regarder complètement nue plutôt que de subir le chiffre indiqué sur cette froide machine. Je baisse lentement la tête pour tomber sur le résultat. Il n'a pas bougé depuis la veille, c'est déjà ça !
Je prends la peine d'entrer mon poids sur l'application que j'ai installée dès le premier janvier sur mon portable, même s'il n'a pas évolué. Je crois très fort que si je l'informe régulièrement (la dite appli), elle va comprendre mon désespoir et envoyer des ondes à mon bidon pour que ce vilain gros chiffre diminue.
Bref, je prends ma douche, je chante (que dis-je, j'hurle) un peu de Barbara et me voilà prête. A peine le temps d'enfiler mes chaussures que je suis déjà dans la voiture. Vous relèverai quand même que j'ai réussi à réduire trente minutes en une phrase, chapeau bas !
Frissons des orteils aux doigts, mains moites, tremblements, vous commencez à connaître la chanson. Je vais devoir me rendre seule dans un cabinet de médecin, confrontée aux regards hautains de tous ceux qui crachent leurs poumons. En même temps, un douze janvier, il fallait pas s'attendre à grand chose. J'échange quelques sourires avec un bébé devant moi, il semblerait être le seul à tenter de communiquer.
On m'appelle enfin ! Frissons des orteils aux doigts, mains moites et tremblements, suis-je franchement obligée de le rappeler à chaque fois ? Le médecin, aussi gentil soit-il, m'intimide énormément. Je perds un peu mes mots, je ne sais plus vraiment comment lui expliquer mes soucis. Pourtant, ils sont clairs, ça fait deux semaines que je me les traîne comme un lourd boulet de prisonnier.
Finalement, tout s'est bien passé jusqu'à ce qu'il me demande « Et l'école, ça va ? ». Je hoche la tête de haut en bas, laissant un petit sourire embarrassé sur mon visage. Le genre d'expression qui signifie « Non ça va pas, mais si je t'en parle je vais pleurer et hurler comme un veau, et crois-moi que t'en as pas envie. »
Je ressors, le vent frappe mes joues de plein fouet. Je regrette parfois de trouver que la cagoule, passé les deux ans et demi, est importable... Assise, je frictionne mes mains, je me sens prête pour attaquer la dernière épreuve : la pharmacie. Beaucoup de papiers à donner, bien d'autres à récupérer, le tout sans les faire tomber. Voici mes petits précis d'angoissée de la vie !
C'est ce que j'ai appelé « ma journée sortant de l'ordinaire », celle qu'on note précieusement sur le calendrier ; parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas pu fuir mes angoisses. Je ne suis pas restée cloîtrée derrière mon bureau à me rassurer devant des péripéties uniquement virtuelles. J'ai même décidé de vous les dévoiler, pour que mon monde de pixels m'aide encore un peu plus à surmonter des banalités qui sont pour moi des étapes infranchissables.
En toute honnêteté, je ne pense pas que ce type d'articles va vous plaire mais j'avais envie d'essayer. Mon blog se base sur des "et pourquoi pas", après tout ! Ça fait des mois que j'écris régulièrement comme ça, et que je laisse tout en brouillon, parce que j'imagine que lire des banalités comme ça, ça ne vous plaira pas du tout et je peux le comprendre ! C'est une sorte d'essai ! Si ça fonctionne tant mieux et je recommencerai un peu plus régulièrement, sinon tant pis, tout ça restera brouillon !
Et vous, ça vous flippe pas d'aller voir le médecin ?
Rassurez-moi...








Je me suis tellement reconnue là-dedans.
RépondreSupprimerDu courage, jolie Léa =)
(j'aime bien ce type d'article ^^')
Coucou ! Merci, ça me fait vraiment plaisir :)
SupprimerJ'aime vachement ton article, tu décris tout de manière super sympa et agréable à lire !
RépondreSupprimerCourage ma chérie, un jour tes angoisses s’envoleront, j'y crois très fort !
Par contre tu as oublié de raconter qu'entre 9h30 et genre 15h tu t'es rendormie (benvoui ça fait mois classe de l'avouer xD)
Je t'aime ♥
Oh merci, ça me fait plaisir ! :)
SupprimerEn fait l'idée, c'était d'écrire l'article avant que la journée arrive, voir comment je l'imaginais, comment je l’appréhendais. J'espérais que ça m'aide à la surmonter, en quelques sortes !
Je t'aime aussi ♥
Ca fait du bien aussi, de lire autre chose que les éternels articles que l'on retrouve partout (même chez moi hein, je l'avoue).
RépondreSupprimerPersonnellement je n'ai pas (plus) peur du médecin. J'ai réussi à combattre doucement ma petite agoraphobie quand j'ai rencontré mon chéri. Ca fait 5 ans maintenant qu'on est ensemble et je dois bien admettre que j'ai énormément progressé.
Courage :)
Coucou !
SupprimerAh je suis contente que ça te plaise ! Oh c'est adorable. :)
Voilà quelques articles que je te lis ... Et j'avoue que celui là me surprend ... Peut-être parce que je ne comprend pas le pourquoi du comment. Je suis médecin ... Et je vois parfois des gens un peu angoissés, mais j'ai toujours imaginé que c'était par peur de la maladie que j'allais annoncer (souvent des trucs pas sympathiques) plutôt que par "le docteur" lui-même. Je prêterai plus attention dorénavant. Merci pour cet article. Et t'inquiète, l'âge et l'entraînement adoucissent beaucoup d'angoisses (le mot d'une "vieille"). A bientôt.
RépondreSupprimerCoucou !
SupprimerEn fait, je pense que mon article a parfois été un peu mal interprété. Je n'ai pas eu peur focalisée sur les médecins, j'ai juste un trouble anxieux qui rend toutes mes sorties en extérieur très compliquées, et notamment quand je dois être en contact avec une personne.
Je suis jamais forcément à l'aise dans un cabinet de médecin, parce que je me sens pas forcément très bien dans mon corps et savoir que je devrais peut-être me déshabiller, être examinée un peu sous tous les angles, ça me gêne un peu. :)
Olalaa si tu savais comme je te comprends! J'ai des soucis de santé et les médecins ça me connait quand même pas mal et là tu vois ça fait une semaine que je repousse pour un rdv important et toute pleine de bonne volonté j'appelle cette ap... Secrétariat fermé -_-. Du coup ça repousse à demain et j'ai tellement pas envie ! Enfin bref, après moi je dirais pas que ça m'angoisse, c'est juste que j'ai envie d'oublier et de faire comme si ça existait pas. Un article bien sympa en tout cas!
RépondreSupprimerCoucou !
SupprimerForcément, ce n'est jamais simple ce type de situations, et je me sens presque bête d'angoisser autant pour de simples rhumes à soigner, alors :/
Merci beaucoup :)
Coucou Léa ! Encore une fois, ton article me touche beaucoup, encore une fois je me reconnais dans tes mots. Je me décris souvent comme "une stressée de la vie" lol. J'ai des angoisses, qui sont plus fortes certains jours que d'autres. Elles sont difficiles à faire tomber parfois ces angoisses. Je suis une vraie angoissée et c'est difficile pour les autres de me comprendre parfois. Alors je tenais à te dire, que je te comprends :)
RépondreSupprimerCoucou ! :)
SupprimerJe suis contente qu'il te plaise ! C'est toujours difficile pour les personnes extérieures de comprendre ces angoisses. Tout le monde stresse de temps à autres, et une majorité des gens arrivent à le surmonter. Du coup, ils ont tendance à penser qu'il faudrait juste qu'on se motive, qu'on ait de la volonté pour, comme eux, surmonter ça. Sauf qu'on ne réagit pas tous de la même manière, nos soucis ne peuvent pas forcément se régler comme ceux des autres, et il faut tenter de le comprendre !
Derrière une peur peut se cacher une autre peur...
RépondreSupprimerQu'est-ce qui te fait si peur d'aller chez le médecin?
L'annonce des résultats, peut-être?
La peur de devoir surmonter des traitements par la suite? La peur de ne pas réussir à guérir?
Bref, en tout cas, chaque peur a une raison psychologique derrière et dèds que tu la trouveras, la peur commencera à se dissiper...
Mais sinon, moi aussi, je suis une fille anxieuse, la peur qui revient le plus souvent, c'est la peur qu'une mauvaise situation (au niveau de la santé) revienne...
Coucou !
SupprimerJ'ai une peur globale du monde extérieur, ahah xD Comme je le disais à Kirsten, je n'ai pas une peur focalisée sur les médecins, j'ai juste un trouble anxieux qui rend toutes mes sorties en extérieur très compliquées, et notamment quand je dois être en contact avec une personne.
Je suis jamais forcément à l'aise dans un cabinet de médecin, parce que je me sens pas forcément très bien dans mon corps et savoir que je devrais peut-être me déshabiller, être examinée un peu sous tous les angles, ça me gêne un peu. :)
Je me suis aussi reconnue dans ton article. Je peux même dire que ce genre d'angoisse me prend pour toute sortie "sortant" de l'habitude où je vais être confrontée à un étranger tout en étant seule. C'est à dire, plein de situations: prendre le train, aller dans un secrétariat, devoir me rendre dans n'importe quel bureau administratif, etc. Et j'essaie toujours de trouver un échappatoire. ^^' Mais parfois, on a pas le choix. Je suis quelqu'un de raisonnable, mais je n'arrive pour autant pas encore à calmer ce genre de stress irraisonné. Surtout que, généralement, tout se passe bien... Et pour l'école, j'ai moi-même traversé une dure période il y a de ça 2 ans... Je sais comme c'est dur et comme le jugement des autres peut être destructeur. J'ai vraiment beaucoup apprécié ton article. <3
RépondreSupprimerCoucou !
SupprimerC'est exactement ce que je ressens aussi :/
Je suis en tout cas que mon article t'ai plu :)
Comme je te comprends et me reconnais dans ce que tu écris! Je suis aussi une angoissée de la vie. Je n'ai pas forcément peur d'aller chez le médecin mais les angoisses ça va ça vient et parfois nous surprend quand on s'y attend le moins mais grâce à la volonté et la ténacité, on en viendra à bout et j'ai déjà pas mal progressé!!! Be strong :)
RépondreSupprimerCoucou !
SupprimerJe ne pense pas toujours que la simple volonté puisse "nous" aider... Globalement, au point où moi j'en suis, du moins, je ne peux pas y arriver sans une aide extérieure et j'en suis consciente, même avec toute la volonté du monde !
Coucou jolie Léa! Je suis comme toi: j'ai une peur irraisonné et illogique des médecins qui me rend presque muette quand j'arrive devant eux. Et même chez le véto! tu imagines? Je prends sur moi, j'essaie de récapituler avant le rdv ce que je ne dois surtout pas oublier de demander et de dire... Je m'en sors. Le pire, c'est chez ma gynéco (qui est pourtant adorable), l'autre jour elle m'a carrément demandé si j'étais heureuse, c'est que vraiment j'avais l'air d'aller mal! J'en rigole maintenant, mais je crois qu'il faut juste se confronter à tout cela, ne pas fuir car c'est en faisant qu'on arrive à surmonter ;-) Gros bisous Léa, prends bien soin de toi! <3
RépondreSupprimerCoucou :)
SupprimerAhah, j'ai le même sentiment quand les médecins me demandent à plusieurs reprises "Ça va ? Vous êtes sûre ?" Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, tu as raison :P
Etant aide soignante, je vois hyper rarement mon médecin. Déjà que mes globules blancs; si inutiles avant ont fini par reprendre du poil de la bête et j'ai maintenant une santé de fer. Je pratique également l'auto médication mais seulement avec les maladies que je connais bien. et si je vais le voir, c'est que je suis VRAIMENT malade ^^
RépondreSupprimerJe n'ai aucun soucis avec les blouses blanches en général.
Par contre, j'avais une peur panique des entretiens d'embauches, je savais jamais quoi mettre, dire... heureusement que je suis débrouillarde. Et que je n'ai plus besoin d'en passer vu que ma boite tient à moi, semble-t-il.
Mais la sensation que tu ressens, je la connais, elle m'est familière.
Coucou !
SupprimerDu coup c'est quand même mauvais signe si tu es obligée de voir un médecin, ahah !