1 - SACCAGE CE CARNET !!!


Ami·e destructeur, créatif, perché·e, un tantinet maniaque et à l'hygiène douteuse : je te souhaite la bienvenue dans cette série d'articles ! Il y a quelques années, j'ai acheté mon Saccage ce carnet. Je vais le laisser t'expliquer comment il fonctionne, mais avant, je te propose de lire cet article en chanson : Couleur Café - Serge Gainsbourg (si tu ne l'écoute pas maintenant tu l'auras de toute façon dans la tête ensuite, oups)
Entre temps, j'y ai fait quelques gribouillis sans trop me mouiller. J'ai soigneusement sélectionné les pages les moins cracras pour ne pas avoir à me mettre dans des situations salissantes et à abîmer le carnet. « Sombre idiote ! » me diras-tu et tu auras entièrement raison. Que veux-tu, il faut du temps à la psychorigide que je suis pour se lâcher ! J'essaie de ne jamais préparer à l'avance ce que je vais faire mais de le réaliser comme ça me vient, c'est déjà un pas. Aujourd'hui, ça y est, je me suis décidée. J'ai croisé quelques articles de personnes montrant leurs carnets ; je n'ai pas voulu les lire pour ne pas m'influencer mais je me suis dit que ce serait super chouette de te montrer le mien à mon tour. Toi et moi, on pourrait peut-être même se donner rendez-vous régulièrement pour voir l'avancée du schmilblick !

S'il y a une chose que tu dois savoir à mon sujet, c'est que je ne sais pas mener ma vie toute seule. Tout me semble être plus intéressant et rassurant avec quelqu'un d'autre et je ne veux donc pas que ce carnet déroge à la règle. Je compte donc le prêter aux personnes qui l'accepteront (le consentement, c'est la base) et les laisser en faire ce qu'elles voudront. Je te montrerai toute son évolution !

Pour ce premier opus, je vais simplement te dévoiler les pages que j'ai modifiées. Certaines ont été faites il y a plusieurs années, d'autres beaucoup moins, parfois j'ai mis la date, parfois pas... De temps en temps, j'aime bien commencer quelque chose et ne pas le terminer. Si j'en ai envie un autre jour, je le ferai. Si quelqu'un d'autre en a envie, iel le feras ! Sinon, ça restera comme ça, et ce sera très bien. 

Tu comprendras, j'ai flouté les informations que j'avais pas trop envie de partagées ! Ne t'inquiète pas, elles sont peu nombreuses.
Fais gicler du liquide ici (essaie de te servir de ta bouche...).
Je préfère te prévenir si un jour ça te traverse l'esprit : le feutre par dessus du café, même sec, est une mauvaise idée. Ça bave... Est-ce qu'on peut dire que je reste dans le thème ?

Pose ta main ici et dessine-la.
J'écoutais les chansons du Club Dorothée pendant que j'ai peint cette main... Je crois que je suis une personne influençable.
Fais des trous dans cette page avec la pointe d'un crayon.
Pourquoi une tarte (car oui, c'en est une) ? C'est difficile à lire car il manque des parties et j'ai écrit comme un cochon, mais utiliser un compas pour trouer la page m'a fait penser aux moments où je pique le fond des pâtes à tarte... Voilà !
Arrache les bandes en suivant les pointillés. Déchire tout !

Toujours en écoutant les chansons du Club Dorothée... La prochaine fois j'écouterai un peu de Rammstein, ça fera un drôle de contraste.
Imprègne cette page avec l'odeur de ton choix.
Bérengère, si tu passes par là, navrée !
 Tu seras là pour l'épisode n°2, dis ?

    

Le pouvoir des artifices d'Internet sur l'adolescente que j'étais...

Abbaye aux Dames de Caen
Il y a presque quatre ans, ce blog a vu le jour. Je n’avais pas grand objectif en tête, simplement l’envie d’écrire et d’être lue. J’avais beaucoup de choses à exprimer mais trop peu de réflexion pour le faire correctement. La blogosphère m’était inconnue, la puissance des réseaux sociaux également et je partageais avec toi comme une adolescente de quatorze ans qui avait, je crois, besoin de se sentir comprise. Je mettais en avant celle qui avait besoin d’un écran pour camoufler la personne trop introvertie qu’elle était. Rapidement, je me suis laissé emporter par les vents d’Internet.

J’étais inconsciemment très inspirée par les blogs qui avaient le plus d’influence et qui, à mes yeux, présentaient de nombreux points communs : de douces photographies avec des fleurs, de la dentelle, des filtres un peu rosés, un design professionnel et très féminin, un feed Instagram soigné (si tu ne sais pas ce qu’est un feed, bienvenue dans mon monde !)… Tout semblait être calculé au pixel près, bien loin de ma petite page insouciante, construite avec toutes les capacités en graphisme que peut avoir une collégienne et l’appareil photo compact familial. Je t’avoue que ces univers-là me semblent à présent très superficiels

Progressivement, j’ai tenté de me rapprocher de cet idéal, en ciblant un publique plus féminin (je t'en parle avec les mots de Léa qui a quatre ans de plus, rien de tout ça n’était une démarche volontaire à l'époque), comme le design actuel peut en témoigner. J’avais aussi décidé de m’exposer davantage pour que tu me connaisses mieux. C’était la meilleure méthode que j’avais mise au point pour ne plus du tout me sentir à l’aise dans un univers que j’avais pourtant créé et peaufiné de mes propres mains !

Pendant les deux premières années, ma vie a été très mouvementée et certains événements personnels m’ont poussée à prendre une pause sur le blog. De temps en temps, l’envie d’écrire me reprenait, alors je publiais sans attendre grand-chose en retour. Une activité régulière n’a pourtant jamais été reprise et j’ai longtemps pensé qu’elle ne reprendrait jamais. Ce blog ne me correspond pas et l’image que j’ai voulue renvoyer n’est pas la mienne. Mon quotidien n’est pas fait de papier de soie, de plumes légères et de paillettes. Il est très chouette sous des tas d’aspects et un peu moins sous plein d’autres, comme le tien probablement, mais je n’ai pas envie de le fausser.
Luc-sur-Mer

Ecrire, prendre des photos, les retoucher, essayer de mettre au propre un article cohérent, sentir que mon sujet peut être intéressant, te lire, te répondre, ça me plaît autant qu’il y a quatre ans, si ce n’est plus ! Je n’ai donc pas envie d’arrêter, seulement de reprendre les choses en main.

Je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire mais pour le moment je garde ce blog tel qu’il est et j’y posterai quand l’envie me prendra. Tu y trouveras peut-être quelques changements dans les semaines à venir, à vrai dire je n’en ai aucune idée… Ce qui est sûr, c’est que tu pourras lire des articles qui sont vrais et qui ne montrent pas une blogueuse à la vie faussement idéale faite d’artifices. Je n’ai pas envie de trop en dire à mon sujet, je n’en vois pas vraiment l’intérêt… Tu peux très bien me rejoindre sur mes différents réseaux sociaux pour peut-être en connaître davantage (mais sans feed Instagram harmonieux, navrée !).

Deux grandes thématiques principales seront probablement abordées. D’abord, le respect (de soi, de l’autre, des animaux, de la planète… bref, on parlera naturel, bio, végétarien, entraide, tout ça, ça a peut-être l'air chiant à mourir mais je t'assure que ce sera cool), ensuite, la littérature. Je posterai peut-être de temps en temps de courts textes fictifs écrits avec un peu d’humour et beaucoup de références aux univers littéraires qui m’intéressent. Il y aura également des revues sur des livres, appartenant à la littérature jeunesse notamment.

Si de temps en temps tu te demandes pourquoi j'utilise des mots qui te sont inconnus, c'est simplement parce que j'essaie le plus possible d'écrire en langage inclusif afin de n'exclure personne dans mes articles. Je fais de mon mieux mais c'est une habitude que je n'ai pas encore à tous les coups, je ne suis donc pas à l'abris de quelques oublis alors n'hésite pas à m'en parler (mais ne t'inquiète pas, ma copine Valou veille au grain) ! J’espère que ce nouveau courant te plaira ! En attendant, tu peux partager avec moi tout ce qui te fait envie en commentaire, j’ai très hâte de te lire.
Rosny-sur-Seine

Post-Scriptum
: Après un micro-petit débat sur Twitter au sujet de l'aspect très esthétique et travaillé d'Instagram, je me dis qu'une précision peut s'imposer à la suite de cet article ! Je n'expose pas du tout une critique sur ce type de comptes, loin de là. Certain·e·s montrent des clichés superbes et me font rêver, j'admire énormément leur travail et toute l'énergie qu'iels y mettent pour rendre l'ensemble harmonieux. Comme elleux, je photographie plusieurs fois le moment que je veux poster pour ensuite sélectionner le cliché qui me semble être le plus esthétique ou le plus clair. On veut toujours montrer une belle facette de soi, quel que soit l'endroit. Je veux seulement t'expliquer que, plus jeune, je comparais ma vie à celle que ces personnes semblaient montrer et je me sentais bien nulle à côté. Dans les moments où j'ai le moral au fond des chaussettes, ça peut encore m'arriver. Le problème ne vient généralement pas d'elleux mais probablement d'une trop forte sensibilité de ma part ou d'une difficulté à prendre du recul. C'est notamment pour cette raison que je ne souhaites pas montrer une vie idéalisée ou uniquement des clichés très travaillés. Maintenant que j'ai grandi, je m'attache aussi davantage aux personnes qui ne seront pas autant dans l'esthétique parce que je peux plus facilement m'y identifier. Tout ça n'est qu'une question de point de vue et de goûts, je ne reproche surtout rien. Je suis dans une démarche visant à trouver ce qui me correspond, pas à rejeter la faute sur ce qui me convient un peu moins.

    

Coupe menstruelle : tous les avantages et inconvénients

Tu sais déjà probablement beaucoup de choses à propos de la coupe menstruelle car c’est un sujet qui a pas mal tourné sur la blogosphère. Pourtant, encore beaucoup de personnes restent dubitatives et manquent d’informations à ce sujet. J’ai moi-même parcouru toute la toile avant de franchir le pas mais beaucoup de points me semblent être peu abordées… Je vais donc te faire un topo (très subjectif) sur les avantages et inconvénients de la cup !

Connaissant un peu mon lectorat et la cible de ce genre d’article, je sais que j’aurai surtout affaire à des personnes qui ont leurs règles ou les auront possiblement. Je vais donc m’adresser à toi comme si c’était le cas mais je ne veux pas que tu te sentes exclu si ça ne l'est pas, au contraire, tu es le bienvenu et je te conseille vivement de lire cet article jusqu’au bout, tu es aussi concerné !

QU'EST-CE QUE C'EST ?
D’abord, la coupe menstruelle (appelée « cup » pour les intimes) est une protection hygiénique, tout comme tes tampons ou tes serviettes. Elle est en silicone et doit être pliée puis insérée dans le vagin. Une fois bien installée, elle doit se déplier, prendre ses aises et recueillir le sang pendant que tu fais ta petite vie comme d’habitude. Au bout de plusieurs heures, elle doit être pincée juste après la tige pour retirer son effet ventouse et pouvoir être vidée et si possible nettoyée avant d’être replacée dans le vagin. Une fois ton cycle terminé, tu dois la stériliser et la ranger dans son pochon jusqu’au prochain cycle où tu pourras l’utiliser de nouveau. Tout ça, c'est le minimum à savoir ! Si tu as encore des interrogations, lis attentivement la suite, fais tes recherches de ton côté et pose moi des questions en commentaire, j'y répondrai avec plaisir !
Graduations dont je te parle dans l'avantage n°4
AVANTAGES
1. La cup est économique ! Elle coûte entre 15€ et 35€, elle est donc plus chère qu’un seul paquet de serviettes ou de tampons, mais tu peux l’utiliser tous les mois pendant 5 ou 10 ans en fonction de la marque choisie. Tu l’auras rentabilisée en moins d’un an !

2. La cup est écologique ! Pendant 5 ou 10 ans, tes règles ne produiront pas de déchets, alors qu’actuellement tu jettes peut-être une quinzaine de serviettes ou de tampons bourrés de produits chimiques par cycle, au minimum, qui ne sont ni biodégradables ni écologiques et polluent les décharges et les océans.

3. La cup est meilleure pour ta santé ! Les tampons et serviettes sont pleins de cochonneries dont on ne connaît même pas les noms et sont très irritants pour ton intérieur sensible. Cependant, tout comme les protections plus connues, elle ne te met pas à l’abri du Syndrome Choc Toxique, une maladie infectieuse rare et potentiellement mortelle. Tu trouveras des informations à ce sujet en faisant quelques recherches.

4. La cup t’aide à être plus à l’aise avec tes règles et avec ton corps ! A toi aussi, on t’a mis dans la tête que ton sang était dégoûtant et qu’il fallait être le plus discret possible pendant tes règles. Tu sais que c’est stupide et pourtant tu as peut-être du mal à penser autrement… Eh bien crois-moi, la coupe menstruelle te vaccine complètement contre ce souci ! Il est possible qu’au départ tu fasses un peu la grimace en la vidant, on n’a pas l’habitude de voir notre sang dans une coupe… Mais tu t’y feras assez vite. Certaines cup ont même une graduation pour savoir quelle quantité de sang tu perds, peut-être que tu seras curieux d’observer ça de plus près, finalement ! Tu apprendras en même temps à mieux connaître ton corps, à savoir comment il fonctionne et peut-être à mieux l’accepter si c’est quelque chose de difficile pour toi.

5. La cup prend peu de place ! Alors, bien sûr, si tu as l’habitude de ne transporter qu’une serviette ou qu’un tampon, ce ne sera pas le cas. Mais si tu voyages régulièrement ou si, comme moi, tu es allé à l’internat, tu sais que transporter un paquet entier ou plus de protections classiques est parfois peu pratique.

6. La cup est l’alliée des sportifs ! Une fois bien en place, elle ne bouge plus, donc aucun risque de fuite ! Elle est notamment très pratique pour les activités dans l’eau puisqu’elle va continuer son job de la même façon, sans se gonfler comme un tampon le ferait.

7. La cup te laisse frais comme une rose ! Lorsque tu utilises une serviette hygiénique, tu peux avoir l’impression de porter une couche imbibée de sang qui macère dans ta culotte, sent mauvais et te rend sale de l’entre-jambe. C’était mon cas. Avec la coupe, plus de soucis, puisqu’elle est placée directement dans le vagin.
« Le terrible destin de BeCup et MoonCup », non ?
INCONVÉNIENTS
1. La cup demande un temps d’adaptation d’environ 3 cycles ! Ce n’est inné chez personne de s’insérer une coupe en silicone… Il faut tester les différentes techniques de pliage, les différentes positions du corps, différentes positions de la cup dans le corps, humidifiée, non humidifiée, la retirer facilement… C’est toute une découverte qui peut être un peu périlleuse et angoissante.

2. La cup te confronte à ton sang et à ton corps ! Eh oui, c’est selon moi un avantage comme un inconvénient… Si tu n’es pas très à l’aise avec ton corps, la coupe va t’obliger à te détendre et à avoir confiance en toi, sinon l’insertion et le retrait seront plus compliqués. Se battre avec soi-même n’est pas toujours simple ! Découvrir du sang dans la coupe n’est pas une mince affaire non plus quand on n’en a pas l’habitude et ça peut être d’autant plus difficile de devoir le vider, nettoyer, en avoir sur les mains, possiblement sur le sol…

3. La cup peut te faire mal ! Ne t’emballe surtout pas et lis la suite, je vais tout t’expliquer ! La coupe n’est pas censée faire mal, elle ne doit pas du tout se sentir une fois insérée. Si c’est le cas, elle s’est peut-être mal dépliée (passe ton doigt tout autour pour arranger ça) ou est positionnée trop bas. La tige n’est peut-être pas assez coupée. Si la douleur est ressentie pendant l’insertion ou au moment du retrait, il est possible que tu ne sois pas assez détendu ou que tu sois trop brusque. Avec un peu d’entraînement, tu as de grandes chances pour que tout s’arrange ! Mais il peut arriver qu’un élément ne veuille pas collaborer… C’est assez rare et j’ai trouvé très peu de témoignages à ce sujet, mais c’est mon cas et j'aurais aimé connaître cette possibilité avant d'essayer. Je ressens un léger pincement au moment du retrait, alors que j’utilise une coupe menstruelle depuis plus d’un an. J’ai tout essayé, jusqu’au changement de taille et de marque : rien n’y fait. Il m’arrive donc souvent de renverser la cup avant de la vider à l'endroit prévu… Ce n’est rien de grave, la douleur est très loin d’être intenable dans mon cas, mais le nettoyage peut être dérangeant !

4. La cup ne te laisse pas forcément plus de liberté qu’une protection classique ! Tu as peut-être déjà été charmé par l'insertion et le retrait tranquillement chez toi le matin et le soir sans te soucier du remplissage de ta cup au cours de la journée. Cela dépend de ton flux, bien évidemment, mais si tu as un flux dit « normal » comme le mien, tu ne seras pas tranquille pour autant. Les coupes de grande taille (si tu as un flux abondant, que tu as accouché par voie naturelle et/ou que tu as plus de 30 ans) ne vont normalement pas fuiter avant 12h d’utilisation et les coupes de petite taille (si tu as un flux léger et/ou que tu n'as pas accouché par voie naturelle) ne vont normalement pas fuiter avant 8h d’utilisation. Cependant, il est toujours conseillé de vider une cup et de la nettoyer au mieux au bout de 6h, au pire au bout de 8h. Si tu as la possibilité d’être de retour chez toi assez rapidement, pas de soucis ! Mais ce n’est pas mon cas… Il m’arrive très souvent d'être de retour chez moi qu'au bout de 12h d'utilisation. Si tu es aussi dans cette situation, tu peux très bien emmener une bouteille d’eau avec toi pour rincer ta coupe aux toilettes pendant la journée et l’insérer de nouveau. Moi j’ai encore beaucoup de mal à manipuler tout ça dans un lieu qui n’est pas forcément très propre et dans lequel je n’ai pas forcément assez de place pour m’installer comme je le voudrais et j’ai toujours un peu peur de repeindre les toilettes d’un rouge sanglant... Alors avant de te lancer avec ta coupe en dehors de chez toi, entraînes-toi bien dans tes propres toilettes.

5. La cup peut avoir une odeur ! Lorsqu’elle est insérée, ne t’inquiète pas, on ne sent rien du tout et pour une majorité des utilisateurs, la coupe ne sent pas non plus une fois retirée. De mon côté, au bout de quelques utilisations seulement, elle s’est mise à sentir vraiment mauvais, peut-être à cause des longues journées d’utilisation. Je suis alors obligée de la laisser tremper dans un bocal avec un mélange d’eau oxygénée et d’eau du robinet, ou de vinaigre blanc et d’eau du robinet pendant 24h pour que ça s’arrange. Dès l’utilisation suivante, l’odeur revient cependant… D’autres personnes concernées par ce problème n’arrivent pas du tout à s’en débarrasser.
MoonCup a jauni à force d'être utilisée, et la tienne fera probablement la même chose, mais ne t'inquiète pas, elle reste très propre et utilisable !
Maintenant, tu as le droit de me dire que je suis bien gentille avec ma liste aux mille et un tirets, mais quelle décision prendre ? A toi de le savoir en fonction de tes expériences, tes cycles, tes envies, tes besoins… Pour ma part, bien que la coupe menstruelle n’ait visiblement pas très envie de collaborer, cette protection hygiénique me convient bien plus que des serviettes ou tampons, qu’ils soient jetables ou lavables. Les avantages que j’ai cités sont très importants pour moi et prennent le dessus sur les inconvénients. Si tu es dubitatif, je te conseille de te lancer. Ne te prend pas la tête ; si tu as l’habitude d’aller en magasin bio, va l’acheter là-bas, sinon tu peux en trouver dans beaucoup de grandes surfaces (j’ai acheté la BeCup à Carrefour pour 21€ et la MoonCup en magasin bio pour 30€). Quand tu auras un peu de temps, peut-être pendant un week-end ou des vacances, essaie de tenter l’expérience. Qui ne tente rien n’a rien et c’est comme ça que tu te feras ton propre avis. Je te promets que tu n’as pas grand-chose à perdre. Sinon, tu peux aussi te diriger vers des serviettes lavables qui sont plus écologiques, économiques et meilleures pour ta santé ou t’intéresser au flux instinctif libre.

Si tu ne veux pas ou ne peux pas passer à ce type de protections alternatives, don’t worry ! Ce n’est pas parce que de plus en plus de personnes font cette transition que tu dois le faire aussi. Ce que tu fais avec ton vagin ne regarde que toi et il n'y a aucune pression à se mettre, bien au contraire.

Post-Scriptum : Tu es passé à la cup et il te reste des serviettes ou des tampons chez toi ? N’hésite pas à aller les donner à une association qui aide les plus démunis. Certaines personnes ont à choisir tous les mois entre manger et avoir une protection…
    

18 ans

Ça y est, c'est le grand jour : j'ai dix-huit ans (bon, en fait, j'ai pris dix-huit ans le 20 novembre, mais vous comprendrez bien qu'être une grande personne prend du temps, je poste donc cet article avec un peu de retard). C'est exactement l'âge qui me fout la trouille, la frousse, les pétoches et les chocottes... Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé de rallonger le temps !

Durant ces dix-huit dernières années, j'ai d'abord beaucoup dormi. J'ai soigneusement laissé mes rêves me décoller la tête des épaules et les pieds du sol afin de profiter au mieux de ma jeunesse. Seulement, une fois les deux yeux bien ouverts, j'ai dû me rendre à l'évidence ; mon pyjama laissait entrevoir mes sous-vêtements, mes orteils dépassaient de mes chaussons, mes jambes de mon lit, et mes fesses commençaient à creuser deux cuves sur le dessus de mon matelas. Visiblement, le temps avançait, même les yeux fermés.
Je suis alors allée modifier l'emplacement de chaque aiguille de chaque montre, pendule et horloge pour trafiquer le présent, retourner dans le passé et allonger le futur. Bien sûr, le temps ne devait pas démanteler cette supercherie et simplement vouloir s'adapter à la cadence que tout le monde semblait lui imposer. Enfin, seulement moi, en fait... Mes parents, eux, n'étaient pas dupes. Pourtant bien plus vieux que moi, ils n'avaient paradoxalement pas la volonté de gagner quelques heures de bon temps, et m'avaient même sermonnée à cause du réveil de ma mère qui sonnait à trois heures quarante-six et celui de mon père à onze heures trente-deux. Ils disaient qu'à cause de moi ils étaient en retard au travail, qu'ils rataient l'heure du film et que l'on mangeait à une heure où ils n'avaient pas faim. Que voulez-vous, ils sont comme ça, les adultes, il faut tout leur expliquer...

Bien trop peur qu'ils se prennent pour Tante et Oncle Dursley et qu'ils finissent par m'enfermer dans un placard sous l'escalier, j'ai fini par accepter de voir en boucle le soleil se lever puis se coucher. J'y ai même pris un certain plaisir, je comptais régulièrement le nombre de dodos qu'il me manquait avant chaque festivité. J'imaginais même joyeusement quelle serait ma vie à dix-huit ans... Un bel appartement en plein centre-ville soigneusement décoré, une jolie voiture rouge arborant fièrement un autocollant "A l'aise Breizh" et une bonne ribambelle de bons copains amenant avec eux des soirées riches en rires, en alcool et en rencontres d'un soir. Finalement, une vie avec à la fois plus de responsabilités et plus de libertés, une sorte de paradis sur terre dont on ne peut profiter que quelque temps.
Autant vous dire maintenant que je me fourrais le doigt dans l’œil. Avec un peu d'effort, j'aurais peut-être pu atteindre le cerveau et lui demander une bonne fois pour toute de me recoller la tête sur les épaules et les pieds au sol. Finies les carabistouilles, on ne rigole plus : j'ai dix-huit ans, bien toutes mes dents (même trop, qui est l'idiot qui a créé des dents de sagesse, franchement, je veux pas être sage moi), mais clairement pas tout ce que je m'étais imaginé. Je dors toujours beaucoup dans mon petit lit simple peu pratique pour lesdites rencontres d'un soir, je vis toujours dans la maison de mes parents peu pratique pour l'organisation de soirées alcoolisées et j'ai même pas de carte de bus pour vagabonder comme je le veux. Dans mes poches, quelques figurines et cartes de Chocogrenouille, mais pas un sou.

Moi qui voulais me moquer du temps, c'est finalement lui qui m'embobine. Tant pis, qu'il en soit ainsi ! Qu'il me laisse sauter dans les flaques à pieds joints, manger les quatre coins des biscuits, chanter Sous l'Océan dans le bain, collectionner les peluches, me coller la langue sur les glaces, boire du chocolat chaud à outrance, me taper sur les joues pour faire de la musique, porter des pulls de Noël en mai, lire des contes de fées, dessiner des renards sur les cours des copains, placer des embouts mignons sur mes crayons, jouer Hakuna Matata au ukulele, passer plus de temps dans les rayons pour enfants que pour adultes à la bibliothèque, manger de la bouillie pour bébé au dîner, porter des chaussettes dépareillées...

Et toi, quelle est votre technique pour modifier le cours du temps ?
Dis moi tout...
    

Le complexe des gros seins et de la blouse d'SVT...

J'aurais aimé vous mettre une miniature putaclick mais nous ne sommes pas assez intimes vous et moi pour cela...
Il y a des événements auxquels nous ne sommes pas préparés dans la vie. Je veux dire, j'ai toujours été jalouse que Franklin sache lacer ses chaussures alors qu'il n'en n'avait pas, alors du plus loin que je me souvienne, je me suis entraînée à nouer des lacets invisibles... Tout ce temps perdu à tenter de franchir l'infranchissable ! Alors que j'aurais pu pendant tant d'années me préparer au traumatisme de la blouse d'SVT...

D'abord, entrer dans une salle de cours sentant à la fois l'adolescent pré-pubère et le poisson disséqué n'a jamais été une étape évidente. Passer à côté de chaque cuvette soigneusement préparée par Pomona Chourave, comme je préférais l'appeler, ne l'était pas non plus ; mais après tout, chaque élève devait y passer alors je me faisais une raison. Ce qui me différenciait cependant des autres jouvenceaux de ma classe était mon apparence visiblement en avance sur son temps. Disons plus clairement que la nature m'a dotée de deux beaux et voluptueux atouts et ce, dès la sixième, m'empêchant de fermer ces foutues blouses. Mais oui Jamy ! Si l'on divise la taille en degré Fahrenheit des blouses d'SVT par la profondeur de mon bonnet au carré, on se rend facilement compte que ça bloque ; et croyez-le ou non, ce ne sont pas mes seins qui sont trop gros mais bel et bien ces bouts de tissus qui sont trop petits !

Je n'avais pas le choix... Refuser de porter ces immondices jaunâtres dont Coluche se serait bien moqué de la couleur aurait été à mes risques et périls. Un peu comme ne pas utiliser de casque anti-bruit en déracinant une mandragore... D'accord, c'est plus chic pour pécho Hermione, mais mourir en ayant la classe n'a pas grand intérêt ! Hé bien, finir ma journée avec du sang de sardine sur mon beau T-shirt Auchan me tentait moyennement. De toute façon, Mme Chourave ne me l'aurait pas autorisé, je n'ai donc jamais tenté l'expérience.

A chaque utilisation de la blouse, et ce depuis huit ans maintenant, je prends donc une grande inspiration lorsque je dois péniblement m'approcher du rebord de la paillasse, espérant que mes deux meilleurs amis ne plongent pas la tête la première. Surtout, j'espère secrètement que personne ne le remarquera ; on ne m'avait pas préparée à ça.

Et vous, avez-vous déjà vécu des minis-moments de complexe ? Avez-vous déjà réussi à fermer votre blouse d'SVT ?
Dites moi tout !